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Dépression et anxiété : le parcours de reconstruction d'un ancien combattant

Selon le site officiel du Department of Veterans Affairs, Paul Gunderson, ancien militaire de l’armée américaine, a retrouvé une perspective d’espoir après des années de nuits sans sommeil, d’anxiété et d’humeur dépressive.

Dépression et anxiété : le parcours de reconstruction d'un ancien combattant

Pendant longtemps, il avait fini par considérer cet état comme une part immuable de sa vie, jusqu’à ce que la perte de sa fille aggrave encore ses difficultés. Son parcours rappelle avec douceur qu’un symptôme installé n’est pas toujours une identité: il peut aussi signaler qu’une autre forme d’écoute et de soin devient nécessaire.

Quand la souffrance finit par sembler normale

Gunderson décrit une pensée qui ne ralentissait jamais, des inquiétudes nocturnes et une anxiété dont il ne parvenait pas toujours à comprendre l’origine. Le trouble dépressif majeur n’avait pas seulement altéré son humeur: il avait aussi pesé sur ses relations, son regard sur l’existence et sa capacité à prendre plaisir aux activités ordinaires.

Cette installation progressive de la souffrance est un point important pour toute personne qui accompagne un patient. Lorsque l’épuisement dure, nous pouvons perdre le repère de ce qui relève d’un mal-être passager et de ce qui mérite une évaluation. On s’habitue alors à fonctionner avec moins d’élan, moins de présence, moins de disponibilité pour les proches — non parce que cette réalité nous convient, mais parce qu’elle est devenue familière.

Dans le récit transmis par les Veterans Affairs, Gunderson avait déjà essayé des médicaments et une psychothérapie. Ces approches peuvent aider de nombreuses personnes, mais elles ne lui avaient pas apporté le soulagement attendu. Il a ensuite été orienté vers un traitement par esketamine au Michael E. DeBakey VA Medical Center, à Houston.

Une prise en charge qui ne se réduit pas à l’humeur

L’esketamine lui a été administrée sous forme de spray nasal, avec une période de repos de deux heures sous supervision médicale. Le protocole rapporté par le centre commençait par deux séances hebdomadaires durant le premier mois, puis une séance par semaine le mois suivant. La suite devait être déterminée avec l’équipe soignante selon les besoins de chaque vétéran.

Le récit de Gunderson fait état d’une amélioration ressentie dès la première séance, puis d’une évolution de ses pensées au fil des séances. Il a notamment remarqué que ses idées devenaient moins négatives et qu’il retrouvait l’envie de s’occuper de projets dans sa maison. Sa famille a également perçu un changement dans ses relations et dans sa manière d’être présent.

Ce déplacement est précieux à entendre dans le champ de la psychothérapie: aller mieux ne signifie pas uniquement faire baisser une intensité émotionnelle. Cela peut aussi ouvrir un espace pour renouer avec les autres, retrouver une activité simple et réhabiliter des parts de soi restées longtemps en retrait. Pour autant, ce témoignage ne permet pas de conclure qu’un traitement conviendra à toutes les situations. Il décrit le chemin singulier d’une personne, dans un cadre médical précis.

Plusieurs portes d’entrée, une décision accompagnée

La psychiatre Laura Marsh, responsable de la santé mentale au centre de Houston, souligne que les vétérans doivent pouvoir accéder à plusieurs options lorsque la dépression ne répond pas suffisamment à plusieurs essais de médicaments et de thérapies. Le centre propose notamment l’esketamine et la stimulation magnétique transcrânienne, ou TMS. Selon les éléments rapportés par les Veterans Affairs, jusqu’à un tiers des patients ne répondraient pas à plusieurs essais de traitements antidépresseurs et de thérapies.

Pour la personne qui souffre, cette information peut soutenir un changement de regard: l’absence d’amélioration après une première démarche ne signifie pas nécessairement un échec personnel, ni l’inutilité de toute aide. Elle peut inviter à reprendre le fil avec les professionnels, à préciser ce qui a été tenté, ce qui a été difficile à vivre et ce qui reste aujourd’hui le plus douloureux.

Dans cette écoute, la question n’est pas de forcer un mieux-être immédiat. Il s’agit d’observer avec justesse ce que le symptôme cherche à signaler, puis de construire, avec les soignants concernés, une réponse adaptée. Le parcours de Paul Gunderson montre surtout qu’une vie longtemps organisée autour de l’anxiété et de la dépression peut encore se déployer autrement — lorsqu’une porte de soin devient enfin accessible.