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Soins non conventionnels : comment identifier les risques et éviter les dérives thérapeutiques

D'après un dossier publié par Harmonie Santé le 9 septembre, environ 400 pratiques de soins non conventionnelles (PSNC) coexistent aujourd'hui sur le territoire français — ostéopathie, sophrologie…

Soins non conventionnels : comment identifier les risques et éviter les dérives thérapeutiques

D'après un dossier publié par Harmonie Santé le 9 septembre, environ 400 pratiques de soins non conventionnelles (PSNC) coexistent aujourd'hui sur le territoire français — ostéopathie, sophrologie, acupuncture, aromathérapie, naturopathie — et leur nombre ne cesse d'augmenter. Comme le rappelle le ministère de la Santé, ces approches ont un point commun: « Elles ne sont ni reconnues, au plan scientifique, par la médecine conventionnelle, ni enseignées au cours de la formation initiale des professionnels de santé. » Dans un contexte où la demande de soin psychique progresse et où la frontière entre pratique validée et promesse décorée reste floue, cette cartographie réglementaire concerne directement les parcours de soin psychothérapeutiques.

Quatre disciplines encadrées, un reste hors radar réglementaire

En France, quatre disciplines disposent d'un titre autorisé par le Conseil de l'Ordre: l'homéopathie, l'acupuncture, la mésothérapie et l'ostéopathie. Cette reconnaissance administrative ne vaut pas preuve d'efficacité scientifique. Le Dr Sylvie Quelet, médecin de santé publique à l'ARS Nouvelle-Aquitaine, précise que ces pratiques « ne peuvent être proposées que par des professionnels de santé titulaires d'un diplôme universitaire dans la spécialité concernée ». L'ostéopathie fait exception: des non-professionnels de santé peuvent l'exercer à condition de détenir un diplôme délivré par un établissement agréé par le ministère de la Santé. Hors de ce cadre, l'exercice tombe sous le coup de la législation sur l'exercice illégal de la médecine. L'experte y adjoint l'hypnose médicale, qui relève d'une logique de médicalisation comparable.

Preuves, protocoles et durée: trois filtres à appliquer

Toutes les PSNC ne se valent pas. Comme le souligne le Dr Quelet, « la première question à se poser est de savoir si le protocole de soin qui nous intéresse a apporté des preuves scientifiques de son efficacité sur un problème précis de santé ». La société savante Non-Pharmacological Intervention Society (NPIS) a conçu un Référentiel des interventions non médicamenteuses (INM) qui recense les protocoles explicables, efficaces et sûrs — programmes d'activité physique adaptée, thérapies manuelles, régimes alimentaires, psychothérapies, musicothérapie. Pour le Pr Grégory Ninot, président-fondateur de la NPIS, une INM « est un protocole qui a une durée donnée, qui vise une indication de santé spécifique et dont les bénéfices et les risques ont été identifiés par des études cliniques ».

Ce que cela change pour un parcours en psychothérapie

Le Référentiel des INM inclut explicitement les psychothérapies, ce qui offre un repère public aux patients cherchant à distinguer une démarche clinique structurée d'un accompagnement sans cadre défini. Trois vérifications concrètes s'imposent avant tout engagement: l'identification de la formation initiale du praticien et de son enregistrement éventuel à un ordre professionnel, la cohérence du protocole proposé avec un trouble précisément diagnostiqué, et l'existence d'un retour d'expérience documenté. Les dérives — promesses de guérison, absence d'évaluation initiale, coût opaque — apparaissent d'abord dans l'absence de ces trois marqueurs. Dans un paysage où la demande de soin psychique ne cesse de croître, la lisibilité réglementaire reste un facteur de protection structurel autant qu'un outil de choix éclairé pour l'usager.