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L'activité physique comme levier thérapeutique dans le soin psychique

Une revue systématique publiée par le Journal of Clinical Medicine (MDPI) met en évidence l'efficacité clinique de l'activité physique adaptée comme traitement adjuvant des troubles psychiatriques…

L'activité physique comme levier thérapeutique dans le soin psychique

Une revue systématique publiée par le Journal of Clinical Medicine (MDPI) met en évidence l'efficacité clinique de l'activité physique adaptée comme traitement adjuvant des troubles psychiatriques sévères et de la dépression majeure, avec des gains sur l'humeur et la qualité de vie jugés comparables à certaines approches psychothérapeutiques et pharmacologiques. Pour les cabinets de psychothérapie, ce niveau de preuve oblige à réinterroger la place du corps dans le parcours de soins, au-delà du seul travail verbal. Une seconde synthèse publiée par la Revue Médicale Suisse, consacrée à l'impact du genre dans les troubles psychiques, complète ce cadrage et appelle une approche différenciée et intégrée.

Le corps hissé au rang d'adjuvant documenté

Le déplacement est moins anecdotique qu'il n'y paraît: longtemps reléguée au registre du conseil hygiéniste, l'activité physique entre ici dans la littérature clinique avec un statut d'adjuvant thérapeutique évalué. Dans les troubles psychiatriques sévères et la dépression majeure, les bénéfices sur l'humeur et la qualité de vie rejoignent, selon les auteurs, ceux de certaines molécules et de certains protocoles de psychothérapie. Cette équivalence de résultats impose une question structurelle: non plus savoir si le mouvement compte, mais comment le système de santé rend cet accès opérationnel pour les patients concernés. Le mouvement n'est plus un à-côté du soin: il bascule dans le périmètre des leviers thérapeutiques à articuler concrètement dans le parcours.

Genre, parcours et maillage territorial

La Revue Médicale Suisse introduit un second axe, plus organisationnel. La surreprésentation féminine dans les troubles internalisés — dépression, anxiété — et masculine dans les addictions et conduites à risque commande des stratégies d'aller-vers distinctes. Un dispositif uniforme d'activité physique adaptée reproduit, en pratique, les angles morts qu'il prétend combler. Le cadre normatif de l'ONU et de l'OMS favorable à une approche intersectionnelle exige, côté terrain, un repérage clinique fin du profil de patient et un maillage territorial capable d'orienter effectivement vers des pratiques corporelles complémentaires du suivi psychologique.

Concrètement, côté cabinet

Trois points opérationnels se dégagent pour le praticien en exercice libéral. D'abord, intégrer à l'anamnèse une évaluation systématique du niveau d'activité physique et de sédentarité, sans la traiter comme un sujet périphérique: ces données font partie du tableau clinique. Ensuite, identifier dans le territoire les relais susceptibles d'accompagner une reprise d'activité physique adaptée, afin de transformer un conseil en orientation effective plutôt qu'en injonction isolée. Enfin, dans une orientation humaniste, accueillir le corps comme vecteur de régulation émotionnelle à part entière: la posture d'écoute bienveillante ne se limite pas au récit verbal, et c'est précisément cette articulation entre parole et sensation qui sert la réconciliation intérieure au cœur du processus thérapeutique.